Tais-toi et Regarde #6 : MOULIN ROUGE!, de Baz Luhrmann

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      Qu’on se le dise, les comédies musicales, ce n’est pas toujours la folie. Clichées, incohérentes au possibles, elles sont souvent plus un prétexte pour mettre en scène une pseudo histoire romantico-larmoyante qu’une vraie oeuvre théâtrale. Et c’est là que Moulin Rouge! fait la différence. 

Quoi ? Par Qui ?

     “Nous avons une danse dans les maisons closes de Buenos Aires. Elle raconte l’histoire d’une prostituée, et de l’homme qui est tombé amoureux d’elle. D’abord il y a le désir, puis la passion, ensuite le soupçon, la jalousie, la colère, la trahison, quand l’amour va au plus offrant la confiance est impossible, et sans la confiance il n’y a pas d’amour. La jalousie, oui, la jalousie… te rendra démon…“, voilà ce que dit l’un des personnages, et qui pourrait servir à résumer la trame du film.

Réalisé en 2001 par Baz Luhrmann, Moulin Rouge! raconte ainsi l’histoire de Christian, un jeune poète désargenté qui s’installe dans le quartier de Montmartre dans le Paris de la Belle Époque, et découvre un univers où se mêlent sexe, drogue et french cancan, mais se rebelle contre ce milieu décadent en menant une vie de bohème. Il rêve d’écrire une grande pièce, et le peintre Henri de Toulouse-Lautrec est prêt à lui donner sa chance. Celui-ci a besoin d’un spectacle grandiose pour le Moulin Rouge et le poète est embauché pour rédiger le livret de la revue. C’est là qu’il tombe amoureux de la courtisane Satine, la star du prodigieux cabaret…

     C’est donc une trame romantique relativement simple que nous présente Baz Lurhmann dans son troisième volet de la trilogie du rideau rouge (après Ballroom Dancing et Roméo + Juliette ). Les premières 15 minutes du film sont désarçonnantes, tant l’on se trouve assaillis de toute part par des explosions de couleurs, de sons, de danses. Du burlesque, en veux-tu en voilà, qui demande donc de s’accrocher au début. Mais une fois ce premier quart d’heure passé, vous ne serez certainement pas déçus.

Le théâtre des passions et des rêves perdus. 

    Moulin Rouge! doit être vu comme une représentation, c’est un théâtre grandiose,  exubérant, affriolant, décadent et parfois kitsch, mais jamais dénué de ce sens du spectacle que cultive Baz Luhrmann dans chacun de ses films. Le rideau rouge flotte sur le film, encadre la scène d’exposition, rappelant à chacun que ce film se vit comme l’on vit le théâtre. Moulin Rouge! , avant d’être une comédie musicale, est un tragédie grecque par excellence, en deux parties distinctes et bouleversantes. Qu’on soit clairs : je ne suis pas romantique pour un sou, je déteste la niaiserie, encore plus au cinéma, et fuis les films à l’eau de rose comme la peste et le choléra (oui, les deux en même temps, c’est pour dire.) Mais Moulin Rouge! est certainement l’un des films qui m’a le plus bouleversée avec Donnie Darko, mais ça c’est une autre histoire. 

     L’abondance des décors, des costumes par centaines, des musiques, des numéros de danse allant du french cancan au tango en passant par du Bollywood, confère à cette oeuvre burlesque une beauté et une fraicheur inédite, troublante même par moment.

 

    Le film est porté par un casting sans défaut, notamment avec le duo formé par Nicole Kidman et Ewan McGregor. Nicole Kidman, campant ici le rôle de Satine, la courtisane à la chevelure flamboyante, nous séduit, nous attire et nous désarçonne. Elle y est hypnotisante, sans jamais en faire trop. La scène dans la chambre éléphant est un régal, un savant mélange d’humour et de poésie qu’elle porte et délivre avec brio.

     Ewan McGregor, quant à lui, est comme la bon vin : il se fait meilleur avec l’âge.  L’acteur du très bon Trainspotting est magistral dans ce rôle, très différent de ceux  qu’il a pu jouer auparavant.  Solaire, même dans son rôle d’amoureux transit et torturé, il incarne avec brio tout ce qu’il y a de tragique chez Christian. Impossible de ne pas tomber un peu plus sous son charme devant Moulin Rouge!. Et puis, voir Obi-Wan Kenobi dans une comédie musicale, c’est quelque chose.

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     De même, si l’on retient Moulin Rouge! c’est aussi grace à sa bande originale impeccable. Le film prend un malin plaisir à revisiter des chansons pop et modernes dans un contexte beaucoup plus burlesque et décalé, parfois sombre ou tragique. Mais surtout, et c’est finalement assez rare dans les comédies musicales sauf peut être pour Across The Universe, l’usage des chansons n’entrave pas la trame du film, au contraire, elle la fait avancer. Pour une fois, impossible de visualiser ou penser le film sans ses chansons, tant elles occupent une place primordiale dans le déroulement de l’histoire et son incluses totalement dans l’oeuvre.

Cette bande originale, chantée intégralement par les acteurs de film, passe par tous les genre et reprend des classiques tels qu’Elton John, David Bowie ou Queen, mais aussi des artistes plus contemporains comme Christina Aguilera ou U2. Celles qui nous marquent le plus resteront certainement Your Song, mais surtout le magistral Tango De Roxanne, peut être même meilleure que la version de Police.

 Maintenant, tais-toi et regarde !

     On a forcément un avis tranché sur Moulin Rouge! : on adore ou on déteste franchement, mais jamais d’entre-deux. Pour ma part, je ne peux que vous conseiller cette fable bouleversante sur le temps, la vie, les rêves brisés, l’amour et la mort. Venez vivre la vie de bohème !

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