The World’s End

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Cornetto Trilogy 3/3

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Pour conclure une trilogie, quoi de mieux que la fin du monde ? Voilà 20 ans que Gary King a quitté le lycée, pourtant il est toujours hanté par ce qui a été la meilleure nuit de sa vie : un « barathon » de 12 pubs, inachevé, avec sa bande de pote. Sur un coup de tête, il rassemble ses amis pour finir le travail et atteindre le dernier pub sur leur liste, La Fin Du Monde. De retour à Newton Haven, l’équipe réalise qu’ils doivent faire face à l’invasion extra-terrestre qui s’est emparée du village entier…

Troisième et dernier volet de la Cornetto Trilogy, The World’s End (ou Le Dernier Pub avant la fin du monde) est bien loin des attentes que l’on se fait après avoir vu les deux premiers films. Comme beaucoup, je m’attendais à des gags non-stop avec une histoire intelligente mais je me suis prise une claque, parce que le film n’est pas à 100% une comédie. Surprise, déception, peu importe ; The World’s End est différent et ce fut une sacrée claque. C’est une histoire d’amitié, sur une trame narrative SF paranoïaque dans le genre de l’invasion d’alien (D’où la couleur verte pour la glace Cornetto). Alors pourquoi ce volet est-il le mouton noir de la trilogie ?

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Gary King (Simon Pegg) et sa clique sont des adultes responsables.

Ce qui démarque ce film des précédents, c’est sa place réservée à l’humour. Il n’est pas omniprésent comme ce fut le cas dans Hot Fuzz, donc la fan-base a été prise au dépourvu, et c’est de cette frustration qu’est née la faiblesse du film. (Sens Critique et sa moyenne de 6, bonjour !) C’est comme s’il y avait eu erreur sur la marchandise, puisque beaucoup s’attendaient à une comédie. Il est mal-aimé, un peu rejeté, et c’est dommage ! Les outils comiques restent les mêmes : répétition de situations ou de répliques, des dialogues sans queue ni tête, moquerie des hommes mariés… L’humour est peut-être mis de côté, mais c’est pour une raison PTM !! (Tu as vu ce que j’ai fait là ?) Même si ça fait un peu mal au cœur de devoir le détacher du reste de cette trilogie, The World’s End n’est pas une comédie/parodie comme Shaun Of The Dead ou Hot Fuzz ! Une fois que c’est bien accepté dans l’esprit du spectateur, on est face à un excellent film, qui soulève des thématiques sur l’identité, sur l’amitié et sur la responsabilité…

Pour ce qui est de la mise en scène, elle est irréprochable. L’ambiance change radicalement avec la rencontre du troisième type, tout devient sérieux, inquiétant et dramatique. Les scènes d’actions sont parfaitement maîtrisées ; la chorégraphie est excellente, efficace et soutenue, du moins assez pour apprécier chaque mouvement des protagonistes. Les mêmes outils sont exploités : rapidité du montage, sur-exploitation du cut, parallèles de construction (monologue de début et de fin) quelques zoom discrets par-ci, par-là… En revanche, la bande-son est beaucoup plus marquée que dans les autres films et c’est super sympa !

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Gary King (Simon Pegg) et sa carte, digne de Dora l’Exploratrice.

Le grand atout de ce film, c’est la caractérisation de ses personnages, en particulier celui du héros. Grand enfant, drôle, impatient, attachant et cool à souhait, Gary King m’a émue. The World’s End, c’est la fin du monde, certes, mais c’est aussi la fin de l’adolescence du protagoniste. La Terre entière est réduite en cendres, mais Gary renaît des siennes. Alors qu’il cherche à revivre ses années lycée pour éviter de grandir, alors qu’il se souvient de tout comme si c’était hier, alors qu’il est PRISONNIER de son passé, il refuse l’opportunité de rester jeune à jamais sous les traits d’un de ces « machins ».

Au fond de lui, Gary King est le Roi de la dépression et ça fait du bien de le voir s’épanouir. Le film est une quête identitaire pour lui, c’est sa raison de vivre. Et puis, quoi de mieux que l’apocalypse pour tourner la page ? La dynamique de groupe fonctionne très bien, chacun est à sa place et c’est équilibré. Mention spéciale à Martin Freeman !

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Andy Knightley (Nick Frost) va devoir se passer du goûter.

Que retenir de The World’s End ? C’est une excellente conclusion pour une trilogie, c’est la fin du monde, c’est la fin d’un projet cinématographique ! Cette glace Cornetto n’était qu’un simple clin d’œil au passé (les entractes), c’était une petite private joke entre auteurs. Bien que le film soit totalement différent des deux autres, ils ne forment qu’un tout et il n’est pas question d’exclure le dernier volet pour son traitement de l’humour. La Cornetto Trilogy regorge de thèmes sérieux, des références plus ou moins subtiles… (Saviez-vous que le titre français fait clairement référence à une saga littéraire de science fiction, H2G2, le Guide du voyageur galactique et ses suites ? Ici, c’est une référence au tome 2, Le Dernier Restaurant avant la fin du monde.)

The World’s End est là pour nous rappeler à quel point ces films sont intelligents. Edgar Wright ferme un chapitre de son parcours avec brio. C’est la fin d’un projet, le début d’un autre…

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Emilie Barraud

La procrastination personnifiée.

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