The Voices

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Mr. Whiskers, he makes me do bad things.

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Vous connaissez peut-être le bonheur d’avoir un animal de compagnie qui, dans les mauvais moments, vient vous réconforter avec tout l’amour du monde. C’est aussi le cas de Jerry, l’heureux propriétaire du chat M. Moustache et du chien Bosco. Comme beaucoup, il leur parle, à la différence que ses animaux lui répondent ! Schizophrène, il suit un traitement pour l’empêcher d’être violent mais il est influencé par son démon de chat qui l’incite à céder à ses pulsions. Jerry tombe amoureux de Fiona, sa collègue, au point qu’il en oublie définitivement ses médicaments…

Dit comme ça, le film a tout l’air d’une comédie un peu fofolle mais c’est un thriller d’exception.. Et oui, surprise ! Ces deux genres fonctionne très bien ensemble, il serait plus facile de qualifier ce film de comédie noire. The Voices n’a rien d’une parodie, que ce soit bien clair, c’est un hybride qui mélange cynisme, ironie et humour bon enfant. Ce n’est pas un film à prendre à la légère : Jerry projette sa schizophrénie sur des animaux, il commet des meurtres et les scènes sont très graphiques (et ce qu’on ne voit pas est bien pire…), autant le dire : c’est dérangeant de sourire devant un cadavre conservé, avec tendresse, dans des tupperwares. Voilà une ambiance très particulière, qui nous offre une dynamique d’une hybridité inqualifiable. La touche d’humour reste très discrètes, éparpillées dans de simples répliques, mais on grince vite des dents…

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M. Moustache manipule Jerry (Ryan Reynolds) en suivant, à l’extrême, l’exemple de l’Empereur Palpatine.

La réalisation est le point fort du film, car la mise en scène des deux réalités de Jerry est efficace. Nous avons d’un côté le monde très coloré, propre et soigné ; et de l’autre celui d’un thriller épouvantable, avec des tons sombres, froids et un environnement très sale. Le décor a donc une place fondamentale, jusque dans les moindres petits détails, dans le but d’épouser totalement le point de vue du personnage. (Et pas que lui d’ailleurs, remarquez à quel point l’appartement de Jerry est différent au travers des yeux d’autres personnages ou lorsqu’il n’est pas sous l’influence de son traitement.)

L’humour est discret, c’est drôle mais déroutant. D’autant plus que le changement d’un ton à l’autre se fait en un clin d’œil. (La fin du film, discutable mais surprenante…) Le dilemme intérieur de Jerry, retranscrit sur M. Moustache et Bosco, est divertissant parce que ce sont des animaux, on en demande plus mais la deuxième partie du film se tourne davantage vers le thriller, en poussant à fond l’extrême folie de son personnage et les conséquences des meurtres commis. C’est un retour brutal à la réalité, où le personnage doit affronter les conséquences de ces actions. Peut-on parler de responsabilité alors que le hasard a été l’élément déclencheur ? Jerry doit-il être considéré comme victime de sa maladie ou doit-on le tenir responsable, puisqu’il était sous l’influence de lui-même ? (Ce chat reste un démon, éloignez-vous des chats.)

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Jerry (Ryan Reynolds) sombre, malgré lui, du côté obscur de la Force…

The Voices est perturbant. En visionnant le film, on sait à quoi s’attendre mais ça n’en reste pas moins dérangeant – Je ne me suis pas remise de ce découpage hors champ… -, c’est même pire. Le dénouement n’est pas 100 % convaincant, on reste un peu sur sa faim. Certes, Jerry se remet en question tout le long du film mais cette scène finale aurait pu être plus marquante, d’un point de vue narratif et surtout pour le développement du personnage. The Voices est un hybride à recommander aux adeptes de l’humour un peu noir et en manque de fraîcheur esthétique.

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Emilie Barraud

La procrastination personnifiée.

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