Tais-toi et Regarde #4 : KINGSMAN : THE SECRET SERVICE, de Matthew Vaughn

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« Quand James Bond rencontre My Fair Lady et Kick-Ass ». C’est en effet l’effet que  produit la dernière bombe télévisuelle de Matthew Vaughn (à qui l’on doit les très bons Kick-Ass, X-Men : First Class mais aussi le moins connu…) inspirée de l’atmosphère Jamesbondienne anglaise : Kingsman, the Secret Service. Retour sur ce cocktail détonnant de tweed, guns et amphétamines. 

Quoi ? Par Qui ?

      Sorti en février 2015 et adapté d’un des comics de Mark Millar, Kingsman : the Secret Service se veut être un film d’espionnage qui reconditionne le genre. Entre sa mère engagée dans une liaison malsaine avec le caïd du quartier et l’absence complète de perspectives d’avenir, Gary  « Eggsy » Unwind (Taron Egerton) multiplie les délits, jusqu’au jour où il se retrouve arrêté pour vol de voiture. Là, il n’a d’autre choix que de composer un étrange numéro qu’un inconnu lui a donné des années auparavant, à la suite de la mort de son père. Aussitôt relâché, Eggsy rencontre son bienfaiteur Harry Hart (Colin Firth), un soi-disant tailleur . Mais Eggsy va très vite se rendre compte que ce n’est pas un tailleur ordinaire qui se tient devant lui. Espion pour un service de renseignements concurrent au MI6, Harry doit présenter un candidat pour la nouvelle session de recrutement de son agence. Le jeune Eggsy lui apparaît dès lors comme le candidat idéal.

     Dans la lignée de Kick-Ass, Matthew Vaughn prouve encore qu’il tient à son pitch de jeune adulte paumé qui devient peu à peu un héros, et il le fait toujours avec autant de succès. Kingsman, c’est le film que personne n’attendait vraiment, en concurrence avec d’autres films tels que 50 nuances de Grey dès sa sortie, et pourtant il a su conquérir les plus sceptiques.

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« Ce n’est pas ce genre de film, mon gars » 

     Avec Kingsman, on ne délaisse pas le cahier des charges du film d’espionnage classique, mais on l’améliore. Aux costumes en tweed des sortants de grandes universités prestigieuses s’opposent l’accent blédard de la banlieue londonienne et les BigMac, pour notre plus grand plaisir. Matthew Vaughn réussit ici à filmer et mettre en scène la métamorphose du jeune homme, de zéro à héros, sans sombrer dans le cliché et sans commettre aucune fausse note. La juxtaposition de deux mondes que tout oppose est d’autant plus plaisante qu’elle crée des situations comiques qui remettent fondamentalement en question l’idée de ce qu’est un gentleman.

Le film se montre audacieux et prenant, surfant constamment sur la ligne entre ces deux extrêmes avec une justesse incroyable. À la prestance de l’image du gentlemen anglais s’ajoutent des scènes de violences crues qui osent montrer les morts en série. Le cinéma de Matthew Vaughn est un cinéma sans retenue, sans tabou, mais toujours bien tenu.

      La scénographie contribue d’autant plus à en faire un grand film d’action. En effet aucun autre directeur ne semble pouvoir traiter l’action avec autant de fluidité et de justesse que le fait Matthew Vaughn. Oubliez les plans en shaky cam ( lorsque la caméra tremble comme si elle était prise dans l’action) et les scènes d’actions illisibles, ici chaque plan est maitrisé dans les moindres détails pour les magnifier. On retiendra notamment une certaine scène dans une chapelle, tandis que Free Bird de Lynyrd Skynyrd résonne à fond. Tout simplement magique.

Ce film, véritable orgasme visuel, réussi à trouver l’accord parfait de rythme, de violence servant à l’histoire, de couleur, de comique et de musique.

    Car oui, la musique constitue une entité à part entière dans ce film (à l’image des Gardiens de la Galaxie), et rares sont les films qui réussissent à s’accompagner d’une bande-originale aussi efficace et juste, qui n’obstrue pas le contenu visuel ni l’efface, mais au contraire le magnifie, le sublime. Dans cette B.O, tous les styles se mêlent selon l’atmosphère recherchée : de Money for Nothing des Dire Straits à Heavy Crown d’Iggy Azalea (qui fait d’ailleurs un caméo dans le film) en passant par Slave to Love de Ryan Ferry. Un univers musical tout en dichotomie, mais toujours travaillé, à l’image du film.

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    Enfin, ce qui finit d’élever ce film de simple blockbuster à véritable chef d’oeuvre audio visuel, c’est son casting on point. La jeune et prometteuse Sophie Cookson, le brillant Samuel L.Jackson (et le film vaut d’être vu en VO rien que pour voir ce dernier dans le rôle d’une méchant écolo qui zozote et s’évanouie à la vue du sang), la française Sophia Boutela, le grand Mark Strong, le très grand Michael Caine en rôle du chef de la table ronde…

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     Les deux prestations les plus notables sont évidemment celles des deux acteurs principaux. Que c’est bon de voir Colin Firth sortir de son image de gentilhomme anglais tiré à quatre épingles, et abandonner celle ci pour un rôle  beaucoup plus sombre et violent, mais jamais sans humour. S’il incarne toujours l’excellence et la classe anglaise, il montre ici qu’il n’est pas que le gentil  amoureux transit, et qu’est ce que ça fait du bien de le voir comme ça.

     Mais c’est surtout le jeune mais non moins prometteur Taron Egerton (que l’on a également pu voir dans Eddie The Eagle ) qui vole ici la vedette à l’ensemble du casting pour son premier film au cinéma. Charismatique, attendrissant, poignant, drôle quand il le faut, il se veut très convainquant dans son rôle de jeune garçon un peu perdu mais finalement pas si mauvais. Et on ne pouvait rêver mieux pour ce rôle.

Maintenant, Tais-toi et regarde. 

     On est fan, fan, fan de Kingsman, et encore plus quand on sait que Matthew Vaughn est parti pour en faire une trilogie. Enfilez vos chapeaux melons et vos bottes de cuir, et foncez sur ce bijoux du cinéma d’espionnage. Comme ça, on se retrouvera tous dans les salles de cinéma en 2017 pour aller voir Kingsman 2 : The Golden Circle. 

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