Tais-toi et regarde #3 : I ORIGINS, de Mike Cahill.

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     Pour toi la science fiction rime avec vaisseaux spatiaux, Star Wars, Star Trek, quelques coup de pistolets lasers et des extraterrestres dans l’espace ?

     Oui, mais pas que ! Que tu aimes ou pas ce genre là, jeune padawan, il est temps pour toi de découvrir une autre facette du cinéma SF, plus sensible, plus réaliste, plus humain.

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Quoi ? Par qui ? 

     Sorti fin 2014, I Origins (prononcé Eye Origins) est un film de science fiction  réaliste indépendant réalisé par Mike Cahill, à qui l’on doit un unique autre film : Another Earth. 
     Le synopsis n’a, aux premiers abords, rien de celui d’un film de science fiction : le docteur Ian Grey, campé par Micheal Pitt, est un scientifique et biologiste obsédé par les yeux, qu’il photographie pendant son temps libre . Un jour, alors qu’il est à l’aube d’une découverte scientifique révolutionnaire, il rencontre Sofi, jouée par la magnifique française Astrid Bergès-Frisbey. Pour tous deux, c’est le choc des croyances : la science affronte la religion, le miscroscopiquement petit affronte l’infiniment grand. La foi affronte la religion.

Difficile d’en dire plus sans dévoiler l’un des pivots du film, qui survient  dès les trente premières minutes mais fait pourtant prendre au film une tournure très différente de celle à laquelle on pouvait s’attendre. Plus sombre, plus déroutante.

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Sous les yeux : quand la découverte bouleverse les certitudes. 

     Loin des clichés des histoires d’amour dramatiques qu’on a pu nous servir encore et encore jusqu’à l’indigestion, I Origins propose ici un tableau tout à fait différent, apportant ainsi un nouveau souffle à la science fiction. Celui qui veut qu’on repousse ses croyances, qu’on mette en doute sa foi. Ne vous attendez pas non plus à un discours moralisateur sur l’existence ou la non existence de Dieu, le film n’est pas là pour ça. La religion comme la science sont présentées comme des carapaces qui se brisent à mesure que le film progresse, jusqu’à totalement voler en éclat à un moment ou un autre.

      I Origins est un film sensible, sur la beauté des croyances. Mais il ne sombre jamais dans le cliché, et réussit toujours à maintenir un ton juste. Parfois très sombre, parfois doux et léger, on alterne entre plusieurs positions tandis que le vie de ce scientifique se déroule sous nos yeux. Certaines scènes nous mettent mal à l’aise, nous troublent, nous dérangent. Une scène en particulier ne vous laissera certainement pas indemne, et si vous avez vu le film, vous savez de quoi je parle. De sorte qu’une fois le film fini, on se retrouve à s’assoir en tailleur sur son lit, une expression incertaine sur le visage.  Des questions qui vous poursuivront sur quelques jours, et vous pousseront à revoir le film.  Pour le meilleur ou pour le pire, I Origins ne peut vous laisser indifférent.

    L’une des grandes qualités de ce petit bijoux, c’est aussi la maitrise de sa scénographie et de sa photographie, ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait qu’avant d’être réalisateur, Mike Cahill a travaillé plusieurs années comme photographe pour National Geographic. C’est d’ailleurs la très célèbre photo de cette jeune fille indienne aux yeux perçants qui l’a inspiré dans sa création d’I origins. D’un traitement très pure, presque clinique dans ses décors, I Origins développe un trouble autour du concept d’incertitude et du désir de croire.

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   La lumière y joue un rôle fondamental, créant presque un filtre qui envelopperait la totalité du film. L’atmosphère se veut tantôt éthérée et cosmique, tantôt grave et pesante. Tout vise à mettre en valeur le jeu intense et solaire des trois acteurs principaux, chacun à sa façon étant l’image d’une passion ou d’une obsession particulière.

      On pardonne ainsi volontiers au film ses quelques défauts (il faut bien qu’il en ait quelques uns) : un manque de subtilité un peu évident par moment, des gros plans pas toujours nécessaires et une fin qui laisse un peu trop place à l’interprétation personnelle.

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Maintenant, tais-toi et regarde.

Parce que ce film, qui est injustement passé inaperçu est un petit bijoux du cinéma indépendant, qui saura vous rallier à la science fiction. À voir et à revoir sans modération.

 

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2 pensées sur “Tais-toi et regarde #3 : I ORIGINS, de Mike Cahill.

  • octobre 23, 2016 à 1:10
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    Je vois la scène dont tu parles, et… j’ai fait que y penser tout le film et même après!

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    • octobre 23, 2016 à 2:28
      Permalink

      On est d’accord c’est franchement perturbant. J’en parlais avec un ami l’autre jour qui me disait qu’il avait dû arrêter le film parce que ça l’avait vraiment dérangé !!

      Répondre

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