Le reggaeton, la musique du dragueur ou du machiste ?

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Peu répandu en France, on a tous entendu parler un peu de ce genre musical. Né en Amérique Latine et aux Caraïbes, ces chansons dansantes envahissent toutes les boîtes de nuit espagnoles, italiennes, portugaises et américaines.

Le reggaeton prend racine chez le plus connu (et beaucoup plus valorisé) reggae jamaïcain mais il s’est répandu très vite en se métamorphosant (mélange de hip-hop, rap et reggae) surtout après les années 90. Bien qu’au début le reggaeton serve à désigner le reggae en espagnol, ce n’est plus le cas aujourd’hui, où il constitue une véritable culture urbaine.

La problématique est qu’actuellement, la plupart des jeunes espagnols avoueraient pouvoir danser saouls à son rythme, même perrear les garçons avec les filles (verbe qui nomme la danse qui l’accompagne en mimant l’acte sexuel) mais quand on les interroge sur la musique qu’ils écoutent chez eux quotidiennement, ils ne la mentionnent pas. Ce n’est pas parce que les rythmes sont répétitifs, mais surtout parce que les paroles laissent beaucoup à désirer. La voix, bien qu’elle soit conçue comme élément purement instrumental, révolte beaucoup de filles, qui n’acceptent pas de se soumettre aux paroles.

Les chansons, chantées normalement par des hommes et contenant un haut degré de références sexuelles plus ou moins explicites, sont dans la plupart des cas une indéniable représentation dégradante de la femme. C’est pour ça que Cuba a décidé de bannir le reggaeton de l’espace public en 2012, suivie par le Honduras et l’Équateur en 2015. Un groupe d’étudiants colombiens a vérifié que:

8 femmes sur 10 avouent se sentir maltraitées par le reggaeton lorsqu’elles l’écoutent.

Cependant, les chanteurs se défendent en disant que leur musique est un rythme «visant à faire bouger les hanches et non le cerveau». Il y en a d’autres qui défendent la liberté d’expression et qui conçoivent ce genre musical comme une opportunité de se libérer sexuellement. Mais dans la société de nos jours, il n’est pas difficile de remarquer le ton agressif et machiste émanant des paroles, qui fait reculer notre société dans un temps que l’on peut presque qualifier de préhistorique. Voici des petites perles :

  • «Si sigues con esa actitud voy a violarte.» Jiggy Drama (trad. : Si tu continues à te comporter comme ça, je vais te violer)

 

  • «A ella le gusta que le den duro y se la coman.» Daddy Yankee (trad. : Elle aime qu’on lui fasse l’amour durement et qu’on lui mange)

 

  • «Si fueras un clavo y yo un martillo, quisiera clavarte.» Yaga&Mackie ft. Arcángel (trad. : Si seulement tu étais un clou et moi un marteau, je voudrais te planter)

 

  • «Agarra, pégala, azótala, pégala, sácala a bailar…» Trébol Clan (trad. : Saisis-la, frappe-la, fouette-la, frappe-la, invite-la à danser…)

 

  • «Tú tienes la boca grande, dale, ponte a jugar.» Pitbull (trad. : Tu as la bouche grande ouverte, vas-y, joue)

Les vidéoclips font aussi monter de ton. La femme n’est conçue que comme un objet sexuel; inévitable qu’elles soient exubérantes, mi-nues et explicites dans les mouvements. Voilà ici Como yo le doy, chanson de l’artiste américain Pitbull (voir image à la Une) sortie en 2014. Ça vous révolte ou pas?

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