J’ai testé pour vous…LE BIZUTAGE

Vous aimez ? Partagez !

     Qui  dit début de l’Automne dit retour des pluies, féria des vendanges…mais aussi période d’intégration pour nos chers étudiants. Et avec elle, la prolifération d’articles aux noms racoleurs, tels « Le Bizutage ou le plaisir d’humilier? ». Mais qu’en pensent réellement les principaux concernés : simple autodérision bon-enfant, ou véritable humiliation?
J’ai donc rejoint mes anciens camarades de Khâgne et Hypokhâgne BL lors de cette soirée d’intégration, programmée le premier jeudi de la féria, et me suis prêtée au jeu à leurs côtés.

 

14359753_1261514220547117_544534132_o     8:00H. Début des festivités. Les élèves doivent tous passer la journée déguisés selon un thème désigné par les deuxièmes années : le radeau de la méduse VS paquebot BL. Une manière de commencer sur une note plutôt amusante.

     17:00H. Fin des cours pour tous les élèves, qui sont immédiatement pris en charge par les deuxièmes années de Khâgne. Au programme, chasse au trésor sur les lieux « mythiques » de la classe BL : la maison carrée, les arènes ou le bar du Prolé. Là, ils doivent remplir toutes sortes d’épreuves, comme chanter en choeur L’internationale, afin d’avoir des indices sur leur prochaine destination.

Pendant ce temps: un groupe de Khâgne confectionne ce qui va constituer la vraie partie du bizutage, à savoir des mélanges on ne peut plus…ragoûtants. Au menu, une mixture de soupe de poisson, lait, oeufs crus, bouts de thon, ketchup, mayonnaise, farine… Une demi douzaine de bouteilles sont préparées.

     19:00H. Rendez-vous aux jardins de la fontaine pour tous les groupes. Le bizutage commence.

     19:07H: Les Hypokhâgnes doivent réciter « les dix commandements de la prépa », mais aussi une chanson confectionnée par leurs soins avec des mots imposés (ceteris paribus, poulpe et encornets ou encore « bullshit », en référence aux expressions de certains des professeurs.)

 

14360416_1261514250547114_1166559_o

     19:15H: Les premières années réalisent une passe à 10 avec un Turbo en guise de balle. Lorsqu’un élève fait tomber le poisson, il passe au bizutage.

     19:19H: Si l’élève connait le nom complet de son parrain ainsi que son lieu de naissance, il échappe à la sentence. Sinon c’est la douche (avec la mixture préparée précédemment.)
Les élèves ne se sentant pas à l’aise avec cette étape, refusant d’être bizuté ou ayant les yeux sensibles n’ont aucunement l’obligation de le faire. Mais majoritairement, chacun s’y prête avec bon coeur.

 

 

14370432_1098730730220478_8770408005600824176_n

 

     19:48H: Par groupe, les premières années, accompagnés par leurs parrains et marraines de khâgne, doivent maintenant arpenter les rues de Nîmes pendant la féria et proposer au gens la possibilité de les entartrer à la chantilly contre quelques pièces. Le but? récolter des fonds po14390633_635337996625960_8310116495900561492_nur l’association des étudiants, afin de financer les futurs projets de l’année. À la fin des deux jours, la classe prépa ayant ramené le plus d’argent gagne un prix, poussant ainsi les élèves à participer activement.
Malheureusement, très peu de monde sort dans les rues le jeudi soir, même en période de féria, et le compte des recettes finales est un peu amer. Environ 450€ sont récoltés par les BL.

 

 

À la fin de leur ronde, tous se retrouvent, et après une bonne douche, passent la fin de la soirée ensembleS, dans la joie et la bonne humeur.

« C’est une bonne expérience », déclare une étudiant de première année « ça permet de se vider un peu la tête avant de commencer à vraiment travailler sérieusement. Et ça permet de mieux faire connaissance avec les deuxièmes années, donc c’est que du bonus. »

 

14368928_1098730960220455_7779041601826291629_n

Une étudiante de deuxième année m’explique quant à elle : « On est passés par là l’an dernier, et c’est resté un très bon souvenir. Ce serait dommage de passer à côté de ça. Ça crée des liens entre les générations, et c’est bon enfant. On se venge gentiment de l’an dernier, et ils feront la même chose. »

Lorsque je leur demande ce qu’ils pensent des polémiques sur l’intégration, ils s’indignent : « Il faut arrêter de penser que c’est une expérience traumatisante, ce n’est plus comme ça dans la plupart des endroits. Ça n’a rien à voir avec l’humiliation ou le lynchage publique. Ça se fait dans la bonne humeur, et personne n’est forcé à quoi que ce soit. Sans intégration, on aurait plus vraiment l’impression d’être dans le supérieur. »

Alors, doit on selon-vous aller en faveur des lois anti-intégration, lorsque les principaux concernés le présentent comme une expérience incontournable?

*Merci à mes anciens camarades de khâgne BL du lycée Daudet, pour m’avoir fait participé à cette soirée.

(Visited 181 times, 1 visits today)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *